Mondes imaginaires

Vous l’aurez remarqué, mes dessins tournent principalement autour des thèmes fantastiques, magiques, oniriques… Ce n’était pas forcément le cas avant l’adolescence : je dessinais déjà beaucoup, mais mes histoires en bandes dessinées racontaient plutôt des aventures, ou des péripéties absurdes et comiques lorsqu’on créait à deux avec ma sœur.

Je ne me souviens plus vraiment comment est venu mon attrait pour les genres de l’imaginaire, mais une chose est sûre, je baignais dedans depuis toute petite. Mon père étant fan de science-fiction et de fantasy, il y avait à la maison des étagères entières de livres et de BD qui me tendaient les bras, à commencer par Flash Gordon, Valérian, Yoko Tsuno… Ce n’est pas un hasard si ma première longue BD, créée autour des années 2000, traitait d’un futur dystopique et relativement proche. Œuvre qui, je le rappelle, a fini à la poubelle, mais passons ! A la même époque je découvrais les romans d’Isaac Asimov, dont j’ai adoré les aventures d’Elijah Baley et de son ami androïde R. Daneel Olivaw.

Mais les premiers ouvrages de science-fiction que j’ai lus sont ceux de Jules Verne. Enfin pas tous, mais je me souviens avoir dévoré les quelques livres que nous avions chez nous. Celui qui m’avait le plus embarqué n’est pas le plus connu, et pourtant si visionnaire : Paris au XXème siècle. Ce roman d’anticipation a été écrit en 1860 mais est paru à titre posthume, en 1994 seulement. Je me rappelle encore les sensations éprouvées à cette lecture : un sentiment d’évasion incroyable, et en même temps complètement prise dans l’histoire tellement on s’identifie au personnage.

Mondes imaginaires, sources d'inspiration
Récits fantastiques et univers magiques

C’est peut-être ce même besoin d’évasion, ressenti depuis le début de l’adolescence, qui m’a fait plonger dans la fantasy. A 13 ans j’ai lu Bilbo le Hobbit, et tenté Le Seigneur des Anneaux : le style est vraiment ardu et l’ancienne traduction n’aide pas. J’ai abandonné et recommencé un an plus tard, et ça m’a vraiment plu malgré les passages descriptifs souvent trop longs à mon goût. Ces créatures imaginaires, ces mondes fictifs où pourtant les histoires sont foncièrement les mêmes que dans le monde réel, avec leur lot de jeux de pouvoir, de sentiments compliqués, de relations entre les êtres… tout cela nous fait vibrer je pense. En tous cas c’est comme ça que je le ressens : ces récits me font rêver en même temps qu’ils font écho à ce que je peux vivre, éprouver, penser.

Il paraît que de façon générale (et pas forcément individuelle car nous sommes tous différents), nous avons besoin de récits mythiques : de tous temps ils ont été porteurs de questions existentielles, de thèmes universels. On dirait un sujet de philo, mais oui la mythologie (antique ou moderne) semble apporter un certain nombre de bénéfices, elle propose une réflexion et une compréhension du monde en utilisant l’imaginaire.

L’objectif de Tolkien était d’ailleurs de créer une mythologie, pour la Grande-Bretagne en l’occurrence, et non pas une série de simples romans. Sa création grandiose et complexe s’inspire elle-même des mythes nordiques, qui soit dit en passant m’ont toujours bien parlé aussi : je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours été attirée par la civilisation viking. Vaste sujet qui pourra faire l’objet d’un prochain article…

Dessin à l'encre Thorgal l'enfant des étoiles Lysiane Binet
Dessin fait au stylo-plume en 2005, d’après Thorgal, L’enfant des étoiles (Rosinski et Van Hamme)

A l’instar de la série Thorgal qui mêle à la fois heroic fantasy et science-fiction sur fond de mythologie scandinave, les grandes sagas de “SF” relèvent bien d’épopées mythiques : on y trouve les mêmes thèmes universels, les mêmes questionnements, et on y fait appel à l’imaginaire de la même façon. Et consciemment ou non, les univers ainsi créés s’inspirent de cultures et donc de mythologies existantes. Pour exemple les mondes de Star Wars imaginés par George Lucas, si l’on se réfère au livre superbement illustré Star Wars – La magie du mythe de Mary Henderson. (J’adore ce livre.)

En tous cas, j’ai fini par dessiner surtout des fées, elfes et autres lutins, ils m’accompagnent un peu partout, ce qui explique aussi le nom et le visuel de ce site web. Il y a presque 20 ans déjà, lors de mes études de Webmaster éditorial à Poitiers il nous avait été conseillé de créer un blog. J’avais intitulé le mien Le blog de la lutine et j’avais commencé à y poster des dessins !! J’avoue que lorsque j’ai décidé de développer mon activité artistique il y a 2 ans, je ne m’en souvenais plus du tout, et c’est pure coïncidence (ou pas) si mon site actuel s’appelle Les dessins de la lutine. Ce n’est même pas moi qui ai eu l’idée du nom. Sûrement un coup d’une petite fée malicieuse !

Littérature et illustration

Ce qui m’a toujours beaucoup attirée aussi dans les livres de fantasy mais aussi de science-fiction, ce sont les illustrations qui vont avec : même lorsqu’il n’y a pas d’images à l’intérieur, les couvertures sont souvent superbes.

Et puis il y a les très beaux recueils d’illustrations tout à fait inspirants, comme ceux qui traitent de l’univers imaginé par Tolkien : ses propres dessins mais aussi et surtout, ceux d’illustrateurs incroyables comme Alan Lee et John Howe pour ne citer qu’eux.

Belles illustrations du monde créé par JRR Tolkien
Illustrations de l’univers fantastique créé par JRR Tolkien

D’autres dessins qui m’inspirent sont ceux de Mark Zug, qui a illustré les chapitres de la série Magyk. Je trouve que ça donne un plus, j’aime beaucoup ce type d’illustrations.

Mes coups de cœur les plus récents en littérature fantastique :

L’Epouvanteur, Joseph Delaney : série de dark fantasy qui suit l’apprenti Epouvanteur dans sa lutte contre les manifestations de l’Obscur. La charge d’un épouvanteur est de contrôler les phénomènes surnaturels dans cette version du monde peuplée de sorcières, gobelins et autres créatures magiques. J’ai adoré cet univers, la façon dont les romans sont écrits, mais aussi la façon de voir les choses, loin d’être manichéenne : rien n’est tout blanc ou tout noir.

Magyk, Angie Sage : série de romans fantasy qui racontent l’histoire d’une petite fille aux yeux violets retrouvée abandonnée dans la neige et d’un garçon apprenti magicien. Et comme je l’ai dit plus haut, très joliment illustrés par Mark Zug.

Oscar Pill, Eli Anderson : série fantastique qui raconte les aventures des “Médicus”, médecins capables de pénétrer à l’intérieur des corps humains. J’ai trouvé cette série très originale et particulièrement imaginative. Je l’ai lue pendant une de mes grossesses, je crois que ces livres ont fait singulièrement écho à mon état à ce moment-là, c’était vraiment passionnant…

Plus anciennement, Harry Potter évidemment, de JK Rowling, que l’on ne présente plus !

Entre autres car il y en a beaucoup, et j’en ai encore des tonnes à découvrir ! Je très peu parlé des films du genre, mais j’en suis également férue. Le cinéma, surtout fantastique et de science-fiction, peut être vu comme une autre jolie façon d’illustrer une histoire…

Gandalf, dessin inachevé au crayon Lysiane Binet
Dessin au crayon inachevé et non daté, j’ai dû le faire dans les années 2000-2005.
D’après une illustration de John Howe.

Quelques définitions

Fantasy

(mot anglo-américain signifiant fantaisie)

Genre littéraire qui mêle, dans une atmosphère d’épopée, les mythes, les légendes et les thèmes du fantastique et du merveilleux.

Le terme fantasy recouvre une multitude de sous-genres dont le plus populaire est l’heroic fantasy (parfois traduite par fantasy épique). C’est sous cette unique appellation d’heroic fantasy que le genre s’est développé en France dans les années 1970, notamment après la traduction du Seigneur des anneaux (1954-1955) de J. R. R. Tolkien, parue chez l’éditeur Christian Bourgois en 1972.

Aujourd’hui, le terme plus général de fantasy s’impose et désigne l’ensemble de la production.

Note : Divers sous-genres existent, tels que : heroic fantasy, high fantasy, low fantasy, dark fantasy, urban fantasy, space fantasy

Science-fiction (ou SF)

Genre littéraire et cinématographique qui invente des mondes, des sociétés et des êtres situés dans des espaces-temps fictifs (souvent futurs), impliquant des sciences, des technologies et des situations radicalement différentes.

Source : Larousse

Pour finir…

Et puis quand même, puisqu’on parle d’évasion, ce dessin (loin d’être parfait, je sais) représente des personnages fictifs qui s’évadent de leur histoire ; mais je l’ai dessiné aussi en imaginant le sentiment d’évasion que l’on peut éprouver à la lecture de récits palpitants.

Evasion, dessin noir et blanc Lysiane Binet
Evasion, dessin à l’encre 2022

Il y aurait encore tellement de choses à dire sur le sujet, passionnant et sans fin ! Vous pouvez partager ici vos lectures favorites (et films aussi), vos sources d’inspiration, les aspects qui vous touchent dans ces histoires…

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Oxygène, dessin noir et blanc Lysiane Binet

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