Voilà un illustrateur que j’apprécie énormément, et que je trouve très inspirant. En rédigeant cet article un souvenir me revient : je ne le connaissais pas encore, ou pas très bien, lorsque je découvrais une affiche de L’Émeraude chez une amie de ma mère, il y a longtemps (je ne sais même plus si j’étais enfant à ce moment-là, ou la vingtaine au maximum). Je me souviens encore parfaitement de la forte impression que me donnait ce dessin. Ce n’est que quelques années plus tard, en m’intéressant de plus près aux œuvres de l’artiste, que je découvrais qu’il en était l’auteur.

Alfons Mucha est un artiste tchèque né en 1860 et mort en 1939. Il est surtout connu pour ses affiches représentant des sujets féminins, mêlés à des motifs floraux typiques de l’Art nouveau. Apparu à la fin de XIXème siècle en réaction contre les dérives de l’industrialisation et la reproduction des anciens styles, ce courant artistique se caractérise en effet par des lignes courbes, des couleurs et ornementations inspirées de la faune et de la flore.
D’après Wikipédia, lorsque Alfons Mucha, alors tout jeune homme, pose sa candidature pour entrer à l’Académie des beaux-arts de Prague, sa demande est rejetée avec la recommandation suivante : « Choisissez une autre profession où vous serez plus utile. » Ah, l’art est-il utile ?… Ce pourrait être un sujet de philo ! Mais il suffit de regarder autour de soi, en fait nous trouvons de l’art partout : les dessins qui illustrent nos magazines, mugs, rideaux…, la musique dont nous aurions bien du mal à nous passer (en ce qui me concerne en tous cas !), le cinéma, le street art… Tout cela met du beau et de l’émotion dans notre quotidien. Quels que soient nos goûts et sensibilités, sans art la vie serait plus triste et terne, vous ne croyez pas ? C’est sans doute pour cela que les pratiques artistiques existent depuis les temps préhistoriques !
Quoi qu’il en soit, Mucha se lance tout de même en réalisant notamment des décors de théâtre tout en continuant sa formation artistique. Il devient également portraitiste. Alors qu’il travaille en indépendant en Moravie, l’un de ses clients, le comte Egon Khuen-Belasi, décide de le parrainer et finance ses études artistiques d’abord à l’Académie des beaux-arts de Munich, puis à Paris au sein de l’Académie Colarossi et de l’Académie Julian. Dans le même temps il réalise des affiches publicitaires et illustre des catalogues, calendriers, magazines… Son premier succès est la réalisation de l’affiche de Sarah Bernhardt pour la pièce de théâtre Gismonda en 1895. Ce n’était d’ailleurs pas son premier dessin de l’actrice, qui après ce succès l’engage pour 6 ans. Ces affiches de Sarah Bernhardt ont grandement contribué à populariser l’Art nouveau.

La carrière florissante de Mucha le mène jusqu’aux États-Unis, avant d’enfin revenir s’établir en Bohême, à Prague. Il y réalise L’Épopée slave de 1910 à 1928, et décore un certain nombre de monuments de la ville. Nous y trouvons même un magnifique vitrail signé de lui à la cathédrale Saint-Guy.
Nous avons pu admirer cette très belle œuvre, nous trouvant en voyage de noces dans la capitale tchèque en 2008. Et naturellement nous avons voulu visiter le musée Mucha, qui nous a enchantés. Nous avions franchement envie de dévaliser la boutique, tout simplement superbe !! Nous sommes revenus avec la belle affiche Clair de lune, et quelques séries de marque-pages que nous avons mis en cadres. Nous sommes tous deux sensibles à l’Art nouveau, peut-être à cause de ses similitudes avec la nature. Nous aimons ces œuvres pleines de poésie, très esthétiques, le trait de l’artiste, ses couleurs. On dirait presque des vitraux justement, en peut-être encore plus beau.
Cela me fait penser aussi à l’architecte catalan Antoni Gaudí (1852-1926), dont j’aime énormément l’œuvre. Ayant passé une partie de mon enfance à Barcelone, dans le quartier de la Sagrada Familia qui plus est, j’ai grandi entourée de ses créations aux formes ondulantes et asymétriques. S’inscrivant dans la tendance de l’Art nouveau et en l’occurrence du modernisme catalan, Gaudí avait créé un style très personnel fondé sur l’observation de la nature. Lorsqu’on rentre dans la Sagrada, on a l’impression de pénétrer dans une forêt. Le parc Güell est juste féerique. Parmi les maisons célèbres, j’aime particulièrement la Casa Batlló, inspirée du milieu marin. Et je pourrai en citer plein d’autres.
Pour en revenir à Mucha, il contracte une pneumonie en 1938 et sa santé se détériore. Lorsque l’année suivante les troupes allemandes entrent dans Prague, il est rapidement arrêté et interrogé par la Gestapo. Dévoué à sa nation et défenseur de l’identité slave, la milice s’intéresse également à lui du fait de son appartenance à la franc-maçonnerie. Relâché à cause de sa santé fragile, il meurt néanmoins des suites de sa pneumonie quelques mois plus tard. Et toujours à cause de son adhésion à la franc-maçonnerie, l’Église catholique lui refuse une sépulture en terre chrétienne et son corps est jeté à la fosse commune…
Et vous, quel est votre rapport avec cet artiste, ou plutôt avec son œuvre incroyable ? J’espère en tous cas que cet article vous a plu, j’y mets toujours du personnel mais en même temps le rapport à l’art est très personnel, n’est-ce pas ? A bientôt, et n’hésitez pas à m’écrire ou à laisser un commentaire !
